Lesbiennes et cancers
Les femmes qui aiment les femmes ont-elles plus de risques de développer un cancer du sein ou du col de l'utérus ? Etre lesbienne ou bisexuelle n'influence pas directement la fréquence de ces cancers. Mais il existe certains facteurs de risque particuliers chez les femmes qui aiment les femmes.
Facteurs de risque spécifiques
- Par crainte de réactions homophobes, ou parce
qu'elles utilisent plus rarement un traitement
contraceptif, les lesbiennes et les femmes
bisexuelles consultent moins les médecins et hésitent
à leur parler de leur vie affective ou sexuelle.
Elles se soumettent plus rarement que les autres
femmes à des examens de dépistage (mammographie
ou frottis) qui permettraient la détection précoce d'un
éventuel cancer du sein ou du col utérin.
- Suite à des pressions sociales ou familiales, les
femmes lesbiennes et bisexuelles peuvent parfois
se sentir déprimées et prennent alors moins soin
de leur santé.
- Des études ont montré que les lesbiennes et les
femmes bisexuelles sont plus réticentes à pratiquer
régulièrement l'auto examen de leurs seins.
- En moyenne, les lesbiennes et les femmes
bisexuelles ont moins souvent un enfant avant
l'âge de 30 ans, ce qui augmente le risque
de cancer du sein.
- Certaines études indiquent que les lesbiennes ou
les femmes bisexuelles peuvent, à certains
moments, consommer abusivement de l'alcool et
du tabac. Elles peuvent aussi présenter un surpoids.
Ceci augmente les risques de cancer du sein ou
du col utérin.
Le cancer du sein
Il est important de surveiller régulièrement ses seins dès l'âge de 25 ans et pratiquer le dépistage par mammographie à partir de 50 ans .
Auto examen :
- Dès 25 ans, chaque mois, idéalement une semaine
après les règles.
- Examen visuel attentif des deux seins.
- Recherchez n'importe quelle modification du sein
par rapport au mois précédent.
En cas d'anomalie, il ne s'agit pas automatiquement
d'un cancer, mais il est alors nécessaire de consulter
son médecin, même si un dépistage a été réalisé peu
de temps auparavant.
Une fois par an , demandez également au médecin
traitant ou au gynécologue de vous examiner les seins
(examen visuel et palpation).
Le cancer du col de l'utérus
Facteurs de risque
- Une infection chronique par certaines souches de
virus HPV, Human Papilloma Virus, transmissibles
par voie sexuelle entre femmes.
- L'usage du tabac.
On retrouve la trace d'une infection chronique par certains virus HPV bien particuliers dans environ 90% des cancers du col utérin. Quiconque a ou a eu des relations homo ou hétérosexuelles peut être porteuse de virus HPV. Plus de 50% des femmes « rencontrent » ces virus au cours de leur vie sexuelle. Heureusement, la plupart des virus HPV sont incapables de déclencher un cancer. Le mode habituel de transmission se fait par contact direct avec les organes génitaux ou la bouche d'une personne infectée. Parfois, ces virus causent des verrues sur les organes génitaux, l'anus ou plus rarement dans la bouche. Mais généralement, l'infection passe inaperçue et guérit spontanément dans les deux ans. Comme il n'y a habituellement aucun symptôme, il est impossible de dire exactement quand une personne a été contaminée. On peut être soi-même porteuse de virus HPV sans le savoir et sans rien remarquer d'anormal. La plupart de ces virus n'entraînent aucun risque de cancer. Mais si certaines souches de HPV persistent au niveau du col, ces virus favoriseront, après plusieurs années, le développement d'un cancer du col de l'utérus.
Que faire ?
Si vous constatez de petites pertes de sang par le vagin (entre les règles, après la ménopause ou suite à un rapport sexuel), parfois associées à des pertes blanches indolores, consultez votre médecin.
Le plus important : les examens de dépistage
Il s'agit du frottis du col de l'utérus. Le médecin prélève quelques cellules au niveau du col utérin à l'aide d'une spatule ou d'une petite brosse. Ces cellules sont ensuite examinées au microscope. Le prélèvement est indolore et se pratique en dehors des règles. Ce dépistage suppose l'usage d'un spéculum (le col n'est pas directement accessible lors de l'examen des organes génitaux externes).
- Toutes les femmes devraient commencer ce dépistage
dans l'année qui suit leur première relation
sexuelle (homosexuelle ou hétérosexuelle).
- Après un premier frottis normal, un second frottis
de contrôle sera réalisé un an plus tard.
- Si le second frottis est lui aussi normal, les frottis
suivants seront répétés tous les 3 ans jusqu'à 65
ans minimum. Si ce rythme est interrompu, on
recommence comme au début.
En cas d'anomalie constatée au microscope, on
procède plus rapidement à un frottis de contrôle ou
à d'autres examens plus poussés.
Si une lésion précancéreuse (dysplasie) est découverte
suite aux frottis, un traitement local permet
d'éviter sa transformation en cancer.
Si un début de cancer est découvert grâce à ce
dépistage, le traitement sera d'autant plus efficace et
limité que la maladie est prise à un stade précoce.
Ces informations sont tirées d'un dépliant réalisé par la Fondation Belge contre le Cancer et l'ILGA. Vous pouvez télécharger le dépliant ici.
