La Droite, Libre... d'être homophobe ? Communiqué du MAG - Jeunes Gais et Lesbiennes
Dans sa lettre d'information datant du 14 janvier 2004 publiée sur Internet, la Droite Libre, groupe de pensée composée de membres de l'UMP et représentée au sein de son bureau politique par le député de la Mayenne François D'Aubert, remet en question la politique de soutien aux associations de la Mairie de Paris.
La Droite Libre s'interroge notamment sur l'utilité de certaines associations subventionnées par la Mairie de Paris, censées « représenter des intérêts communautaires ou catégoriels ». Elle juge ces associations, parmi lesquelles le MAG - Jeunes Gais et Lesbiennes, des associations LGBT*, des associations de lutte contre les discriminations et des syndicats, peu utiles pour la société.
Sans doute ignorent-ils les difficultés rencontrées quotidiennement par des jeunes qui, du fait de leur orientation sexuelle, réelle ou supposée, ou parce qu'ils ne correspondent pas au modèle de comportement « traditionnel » associé à leur genre, subissent incompréhension ou brimades dans leur environnement familial ou scolaire. Sans doute ignorent-ils que le risque de suicide est 4 à 7 fois plus élevé chez les jeunes homosexuels. Sans doute ignorent-ils qu'au XXIème siècle, des jeunes sont encore jetés à la rue par leurs parents lorsqu'ils apprennent l'homosexualité de leur enfant. Peut-on qualifier la lutte contre les discriminations d' « intérêts catégoriels » ?
Le MAG qui, depuis 1985, accueille, écoute, soutient et informe les jeunes homosexuels, bisexuels ou se posant simplement des questions sur leur orientation sexuelle, n'accepte pas que ces membres de l'UMP dénigrent le travail quotidien de ses bénévoles.
La Droite Libre affirme également que ces subventions ne sont « jamais remises en cause », que Bertrand Delanoë pratique une politique clientéliste conditionnée par son homosexualité. Il serait plus judicieux de se demander pourquoi messieurs Chirac et Tibéri n'ont jamais pris la peine d'examiner les demandes légitimes des associations mises en cause. Soutenu depuis trois ans par la Ville de Paris, le MAG a toujours rendu des comptes à cette institution et publie chaque année son rapport d'activité sur son site Internet.
On peut s'interroger sur la réelle volonté politique de l'UMP en matière de lutte contre les discriminations. Ce texte illustre bien la nécessité d'une loi pénalisant les injures homophobes que ne cesse de nous promettre le gouvernement, alors que la majorité UMP à l'Assemblée ne fait que rejeter les textes proposés par l'opposition. L'homophobie affichée de certains de ses membres, qui tomberait alors sous le coup de cette loi, n'y est sans doute pas étrangère.
Contact Presse : Jean-Noël VITTAUT, président du MAG
* LGBT : lesbiennes, gaies, bi et trans